Les Freins à l'insertion professionnelle des femmes

Les Freins à l'insertion professionnelle des femmes

Michelle ABO'O

Célébrée en mars dans de nombreux pays du monde, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes est une journée de mobilisation dédiée à la défense des droits des femmes et à la réduction des inégalités femmes-hommes.

Ces inégalités prennent de très nombreuses formes et se répercutent dans de nombreux domaines de la vie des femmes, comme leur insertion et leur évolution professionnelle. En effet, les femmes sont très souvent confrontées à des difficultés spécifiques qui ralentissent le développement de leur parcours professionnel. Souvent ces obstacles se cumulent et renforcent les difficultés d'accès à l'emploi pour ces femmes. 

Dans cet article, nous vous présentons les principaux freins que les femmes peuvent rencontrer lors de leur insertion professionnelle - un public que nous accompagnons au quotidien :

1. Les freins sociaux et familiaux

Bien que plus souvent diplômées, les femmes sont moins employées que les hommes. Selon l'INSEE , elles ont un taux d'emploi de 66% contre 71% pour les hommes. De plus, les femmes travaillent beaucoup plus à temps partiel. En 2021, toujours selon l'INSEE , 28,1% des femmes et 7,6% des hommes occupent un emploi à temps partiel. 79,5% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes. 

Ces chiffres s'expliquent en grande partie par la répartition inégale des responsabilités familiales. Les femmes assument encore majoritairement la garde des enfants et l'accompagnement des proches (28,6%, contre 6,4% des hommes). Elles effectuent davantage de tâches parentales et sont plus souvent amenées à adapter leur emploi du temps professionnel aux contraintes familiales et scolaires. À l'inverse, les hommes qui travaillent à temps partiel le font souvent plus par contrainte, faute d'avoir trouvé un emploi à temps complet (27,2% pour les femmes et 31,8% pour les hommes), pour exercer une activité complémentaire (15,2% pour les hommes contre 9,2% pour les femmes) ou pour poursuivre des études ou une formation (10,8% pour les hommes contre 4,9% pour les femmes).

2. Les freins économiques et matériels

Les inégalités sociales et familiales ont des conséquences directes sur la situation économique des femmes. En effet, la part augmentée de temps partiel et l'accès difficile aux métiers et postes les mieux rémunérés provoquent une inégalité entre les revenus des femmes et des hommes.

Selon l'Observatoire des Inégalités , à tous temps de travail confondus (temps complet et temps partiel) les femmes gagnent en moyenne 1 838 euros net par mois, les hommes, 2 352 euros. Les hommes perçoivent donc un salaire supérieur de 28% à celui des femmes. A temps plein, le salaire mensuel net moyen des hommes est de 3 023 euros en 2024, celui des femmes de 2 600 euros. En moyenne, les hommes gagnent alors un salaire supérieur de 16% à celui des femmes à temps de travail équivalent.

De plus, plus on progresse dans l'échelle des salaires, plus l'écart entre les femmes et les hommes s'agrandit. Cela est principalement dû au fait que les femmes sont moins nombreuses que les hommes dans les postes professionnels les mieux rémunérés. On parle alors d'un « plafond de verre » permettant aux femmes d'atteindre les postes aux hauts et très hauts niveaux de salaires, et dévalorisant les métiers majoritairement féminins.

Ces inégalités financières peuvent entraîner des conditions de vie plus précaires, notamment pour les femmes seules avec enfants. En effet, selon l' observatoire des inégalités , le taux de pauvreté des familles monoparentales est de 19,2%. Parmi les familles monoparentales, 80 % sont constituées de femmes seules avec un ou plusieurs enfants. Parce que femmes et précaires, ces femmes sont particulièrement touchées par les stéréotypes et donc confrontées à des freins cumulatifs et durables comme des conditions de travail difficiles (horaires atypiques, temps partiels subis, tâches répétitives…), à des ruptures subies dans leurs parcours professionnels et des carrières fragmentées. 

Le manque de ressources financières peut aussi compliquer l'accès à un logement stable, aux moyens de transport ou encore aux outils nécessaires pour rechercher un emploi mieux valorisé. Les contraintes économiques limitent également l'accès à la formation ou à la reconversion professionnelle, ce qui constitue un frein supplémentaire pour s'insérer durablement sur le marché du travail.

3. Les discriminations et les inégalités professionnelles

Au-delà des freins sociaux et économiques , les femmes peuvent être confrontées à des discriminations d'ordre professionnel direct ou indirect, que ce soit pour accéder à l'emploi ou faire évoluer sa carrière. 

Dans le monde du travail, des biais persistants et des décisions professionnelles peuvent être prises sur des motifs discriminatoires comme le genre. Cela peut se faire pour un recrutement, un licenciement, une promotion, une rémunération, le choix des missions, etc. Ces biais générés sont alimentés par des stéréotypes persistants dans l'ensemble de la société. Ils sont souvent liés à la maternité, perçue comme un frein à la disponibilité, ou à un manque de reconnaissance des compétences des femmes. 

De plus, la socialisation des femmes peut également limiter leurs perspectives professionnelles. En effet, les femmes sont orientées dès leur enfance et leurs scolarités vers des activités et des rôles distincts de ceux des hommes. Elles sont dirigées vers les métiers liés aux relations humaines, au social et à l'enfance, tandis que les hommes sont dirigés vers des métiers qui valorisent la force physique, le travail à l'extérieur, les sciences. 

Par exemple, dans l'enseignement supérieur, on peut voir que les écoles d'ingénieurs sont à 70% fréquentées par des hommes . À l'inverse, les CAP-BEP tertiaires, les formations de la santé et du social, les filières littéraires au lycée et à l'université sont davantage choisies par les femmes. 

Les stéréotypes perpétuent donc la division des métiers selon le genre. En effet, selon l'Observatoire des Inégalités , une personne sur cinq seulement exerce un métier « mixte ». 70 % des femmes exercent des métiers non mixtes (c'est-à-dire dans lesquels on trouve au moins 65 % de femmes) comme des métiers du soin, de la santé, des services aux particuliers et des postes administratifs. On ne trouve que 2 % d'hommes parmi les assistantes maternelles, 4 % parmi les secrétaires, 5 % au sein des aides à domicile ou 9 % chez les aides-soignants. 

Ces métiers , dits « féminisés » sont souvent moins valorisés et plus précaires. La répartition générée des métiers limite également les opportunités professionnelles et contribue à maintenir les inégalités. De plus, elle peut engendrer, avec le temps partiel, une précarité financière, qui limite l'accès à la formation ou aux moyens de recherche d'emploi. 

Par ailleurs, il existe d'autres motifs discriminatoires qui peuvent freiner l'embauche et réduire encore davantage les opportunités d'emploi et d'évolution des femmes. On peut notamment citer les discriminations religieuses où le port du voile, par exemple, peut représenter un obstacle significatif pour certaines femmes, particulièrement dans le secteur public comme la fonction publique hospitalière.

👉Plus de renseignements sur les 25 critères de discrimination établis par l'Etat en France.

4. Les freins liés au parcours migratoire

Certaines femmes étant issues de l'immigration peuvent rencontrer des obstacles supplémentaires dans leur insertion professionnelle liée directement à leur parcours migratoire : selon le GIP Carif Oref , la maîtrise insuffisante de la langue française constitue un frein important, tant pour l'accès à l'emploi que pour l'intégration sociale. De plus, la non-reconnaissance des diplômes obtenus à l'étranger peut empêcher les femmes qualifiées d'exercer leur métier en France.

Ainsi, l'insertion professionnelle des femmes est freinée par un ensemble de facteurs qui s'entrecroisent et se renforcent mutuellement : contraintes familiales, précarité économique, discriminations, et obstacles culturels ou institutionnels.

Ces inégalités ne relèvent pas uniquement de situations individuelles, mais s'inscrivent dans des logiques structurelles. Promouvoir l'égalité professionnelle implique donc d'intervenir à plusieurs niveaux : meilleure répartition des responsabilités familiales, lutte contre les discriminations, accès facilité à la formation, etc. Réduire ces freins est indispensable pour garantir l'égalité entre les femmes et les hommes, mais aussi pour une société plus juste et inclusive.

Chez Du Pain et Des Roses, nous agissons pour accompagner les femmes éloignées de l'emploi et les aider à lever les freins professionnels. A travers notre programme Mimosa et notre formation professionnelle d'assistante fleuriste, les femmes peuvent développer de nouvelles compétences et retrouver un chemin vers l'emploi.

 

 

 

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